Témoignage de Benjamin Cordier

WIKO est une société française, et même plus spécifiquement marseillaise, berceau de l’entreprise depuis 2011. Depuis 2 ans, WIKO appartient à 100 % à son actionnaire chinois, la société TINNO.

WIKO conçoit et distribue des téléphones portables, ainsi qu’une gamme d’accessoires associés avec pour objectif d’offrir au consommateur l’accès à l’innovation technologique au meilleur prix. La marque est active sur les principaux marchés mondiaux (Europe, Asie, Moyen-Orient, Afrique et depuis peu aux États-Unis). Le rôle de TINNO est d’assurer la production de ces produits grâce à son outil industriel.

Benjamin Cordier

Responsable du développement import et logistique, WIKO

Quelles sont vos relations avec la douane et de quel accompagnement bénéficiez-vous ?

BC : WIKO s’est engagé depuis 2015 dans une démarche active auprès des douanes françaises. Dans cette démarche nous avons été particulièrement bien accompagnés et conseillés à la fois par le pôle d’action économique de Marseille et par le pôle gestion des procédures du bureau des douanes de Marignane. Nous travaillons avec eux en toute transparence et n’hésitons pas à les solliciter, ainsi que Infos Douane Service, quand nous ne sommes pas sûrs de nous sur un sujet.

Le premier objectif de notre démarche était de nous assurer que nous remplissions bien l’ensemble de nos obligations auprès des douanes. Le deuxième objectif a été de profiter d’un certain nombre de facilités que la douane peut offrir aux entreprises.

De quelles facilités douanières bénéficiez-vous ? Quels gains en retirez-vous ?

BC : Suite à un audit simplifié par le service régional d’audit de Marseille, nous avons pu devenir titulaire d’une procédure de dédouanement unique (PDU), nous donnant accès à l’auto-liquidation de la TVA pour nos importations : une souplesse non négligeable et un avantage direct en termes de trésorerie, compte-tenu de la valeur de ces importations. Cette PDU a ensuite été transformée en dédouanement centralisé national (DCN) dans le cadre de la mise en application du code des douanes de l’Union. Le DCN nous a permis de constater la diminution du nombre de contrôles physiques sur nos importations favorisant la fluidité de l’ensemble de notre processus logistique.

Nous avons également sollicité et obtenu un certain nombre de renseignements tarifaires contraignants (RTC), afin de faciliter et fiabiliser le dédouanement de nos lots import, notamment pour toute la partie « accessoires » (les téléphones eux-mêmes étant en effet exemptés de droits).

Les gains obtenus au travers de cette relation volontariste avec les douanes sont donc importants pour WIKO : amélioration de la fiabilité et économies générées pour la partie Logistique, facilités sur la trésorerie pour la partie Finance et, finalement, une certaine sérénité de notre direction sur cet aspect important de notre activité.

Quelle est la stratégie de votre entreprise en matière de lutte contre la contrefaçon ?

BC : Nous déposons des demandes d’intervention auprès des douanes chaque année. Grâce à ces interventions, nous avons pu attirer l’attention des douanes sur de nombreuses pièces détachées contrefaisant nos produits transitant depuis l’étranger et déceler les circuits de distribution et l’origine des produits contrefaisants. Il est à noter que dans cette démarche, qui peut vite devenir technique, nous nous faisons accompagner par un cabinet spécialisé. Au-delà, nous effectuons une surveillance auprès des offices nationaux de la propriété intellectuelle.

L’action économique menée par la direction régionale des douanes et droits indirects de Marseille

La direction régionale de Marseille dispose d’un tissu économique très varié, dans des domaines d’activité diversifiés : agro-alimentaire, céramique, électro-ménager, industrie électronique, industrie de l’habillement, mécanique, chimique et pétrochimique, industrie de l’armement…

Le pôle d’action économique (PAE), notamment la cellule conseil aux entreprises (CCE), est souvent sollicité pour apporter conseils et accompagnement dans la mise en œuvre de procédures et autorisations diverses. Il agit ainsi en faveur des entreprises qui s’engagent dans la démarche OEA, demandent l’octroi d’une procédure de DCN ou encore souhaitent des renseignements sur les accords de libre-échange ou de partenariat économique (CETA, JEFTA, Vietnam, Singapour), et ce quelle que soit la taille de l’entreprise considérée (TPE, PME, ETI ou grand groupe).

La lutte anti-contrefaçon représente souvent une préoccupation des dirigeants d’entreprise. Ainsi à Marseille, des marques comme KAPORAL, SHARK, ou WIKO ont donné suite aux conseils prodigués par le service et ont introduit une ou plusieurs demandes d’intervention.