À l’occasion des Rencontres internationales de la douane, qui se sont tenues à Paris le 17 mai dernier, les entreprises inscrites ont pu bénéficier d’entretiens personnalisés avec des attachés douaniers, accompagnés d’experts des Cellules conseil aux entreprises (CCE).

Trois entreprises venues participer à cet événement, R-PUR, CHO et SG Ball, ont accepté de nous présenter leur activité et de nous décrire leur vision de l’action économique de la douane.

Matthieu Lécuyer

Co-fondateur de l’entreprise R-PUR

R-PUR est une start-up basée à Station F. Elle y développe des masques antipollution haut de gamme pour les ultra-urbains circulant en deux roues et pour les runners.

Que recouvre l’activité de votre entreprise ?

R-PUR développe, fabrique et vend des masques anti-pollution haut de gamme en France, en Europe, et commence son internationalisation en Asie et en Amérique du Sud.

Notre produit phare est le masque R-PUR NANO, premier masque antipollution made in France. Il est doté d’une technologie de nano-filtration brevetée, qui permet de respirer un air pur en filtrant les particules toxiques, les particules fines, les pollens et les bactéries présents dans l’air. Imaginé au départ pour les utilisateurs de deux roues, ce masque s’adresse également aux runners et au secteur professionnel.

Est-ce la première fois que vous sollicitez les conseils de la douane ?

Nous sommes très souvent en contact avec les représentants de la douane à French Tech Central. Ils nous orientent sur les différentes directions à prendre et les bons interlocuteurs à l’international.

De quelles facilités douanières bénéficiez-vous ? Quels gains en retirez-vous ?

Nous sommes exportateur agréé (EA) depuis 2019. Le statut d’EA est une autorisation douanière qui permet de simplifier les formalités d’exportation en matière d’origine. Il nous permet d’auto-certifier l’origine préférentielle de nos marchandises, ce qui constitue un véritable gain de temps et d’argent.

Nous sommes également exportateur enregistré (REX). Ceci nous permet de bénéficier des opportunités offertes par les nouveaux accords de l’UE (Canada, Japon…) et donc de droits de douane réduits ou nuls. De plus, nous pouvons certifier nous-même l’origine de nos marchandises UE sur un document commercial.

Quel regard portez-vous sur la politique d’accompagnement de la douane pour faciliter l’activité des entreprises ?

L’accompagnement économique de la douane nous paraît essentiel. En effet, la douane n’est pas chose facile… La préparation de grosses commandes pour l’international mobilise une personne à part entière.

Aussi, la disponibilité des agents des douanes que nous avons rencontrés à plusieurs reprises, que ce soit à Station F ou dans leurs bureaux d’origine, a été essentielle au début. Cela nous a permis de faire le tour des problématiques douanières qui nous questionnaient : classement tarifaire de nos marchandises, origine préférentielle, statut d’exportateur agréé, etc.

Par ailleurs, les Rencontres internationales de la douane organisées le 17 mai dernier nous ont permis de rencontrer les attachés douaniers de nos marchés cibles et de faire un point sur les règles de dédouanement à destination. Un grand bravo pour l’organisation de ces rencontres, surtout pour des start-up comme nous qui souhaitons nous développer à l’international !

Tanja Heiss

Fondatrice et gérante de l’entreprise CHO

CHO est une marque de bijoux design fondée en 2019 à Paris, par Tanja Heiss, avec l’ambition de mettre en valeur la singularité des hommes et des femmes d’aujourd’hui. La marque crée et réalise des bijoux a-symétriques et intemporels de haute qualité en argent rhodié. Les objets sont fabriqués dans les meilleurs ateliers de France, d’Allemagne ou de Thaïlande, et vendus dans le monde entier.

Que recouvre l’activité de votre entreprise ?

CHO conçoit des collections de bijoux qui sont ensuite fabriqués sur mesure dans des ateliers de bijouterie précieusement sélectionnés. À partir de la fin d’année 2019, CHO souhaite développer son activité à la vente de bijoux en ligne et dans des événements indépendants (type pop-up store).

Était-ce la première fois que vous sollicitiez les conseils de la douane ? Quel type d’information recherchiez-vous en venant à ces rencontres internationales ?

Oui, tout à fait. Les rencontres internationales de la douane ont attiré notre attention sur plusieurs sujets. En tant que nouvelle entreprise dans le domaine de la bijouterie, nous cherchions à connaître les réglementations et les normes à respecter lors de l’achat et de la vente des bijoux en métaux précieux. De plus, l’aspect douanier est un des critères primordiaux pour faire notre choix du pays de fabrication des bijoux. Nous avions besoin d’un renseignement sur les formalités douanières à l’introduction dans le cas d’une fabrication en Europe (en Allemagne) ou à l’importation dans le cas d’une fabrication à l’international (en Thaïlande). Enfin, nous souhaitions des informations sur les formalités douanières à l’export.

Je tiens à remercier la douane française de nous avoir délivré l’ensemble des informations souhaitées. Elle nous a dirigé vers le bureau de la garantie pour la déclaration d’existence, informé de l’obligation de détention d’un livre de police et de l’obligation d’un marquage CE. En ce qui concerne le pays de fabrication, les experts douaniers nous ont informés des formalités à respecter lors de l’achat en Europe et à l’international.

Quel regard portez-vous sur la politique d’accompagnement de la douane pour faciliter l’activité des entreprises ?

La douane est d’une aide précieuse pour anticiper nos opérations commerciales à l’exportation. En tant que créatrice d’entreprise et débutante dans l’import-export, j’apprécie cet accompagnement de qualité.

Quels sont les marchés à l’exportation que vous visez ? Bénéficiez-vous d’accords de partenariat économique ?

Dans un premier temps, nous envisageons l’expédition en Europe ; ensuite, l’exportation vers le Japon. Nous souhaitons, en effet, profiter de l’entrée en vigueur, en février 2019, de l’accord de libre échange UE-Japon, le JEFTA, qui prévoit une réduction des droits de douane entre les deux zones.

La réunion du 17 mai a-t-elle répondu à vos attentes ?

Et comment ! Un accueil chaleureux et pleins de renseignements, de réponses à toutes mes questions.

Louis Guillizzoni

Directeur de l’entreprise SG Ball

SG Ball est une TPE créée en 2010 et basée à Nantes, spécialisée dans la production et la commercialisation de ballons de sport pour le foot, le volley, le rugby, le basket, etc. Elle produit près de 200 000 ballons par an, allant du ballon sportif technique au ballon promotionnel, en passant par des ballons graphiques.

Que recouvre l’activité de votre entreprise ?

SG Ball est une entreprise spécialisée dans la fabrication, par sous-traitance, et la commercialisation de ballons de sport (foot, volley, rugby, hand, basket, etc.)

Elle a deux domaines d’expertise : le design et le sourcing. Le design d’abord : nous attachons une importance particulière au graphisme et traitons le ballon comme un support artistique. Le sourcing ensuite : nous sommes capables de trouver les fournisseurs adéquats pour répondre à toutes les contraintes clients (délai, budget, quantité, qualité, type de ballon, type d’usine).

Nous avons deux types de clients : les boutiques des clubs de sport (comme le PSG, FC Nantes, Fulham FC en Angleterre…) plutôt intéressés par des ballons techniques, et les annonceurs via des agences de publicité par l’objet (comme Heineken, Renault, Sodebo, Groupama…) souhaitant mener des actions promotionnelles.

Pour en savoir plus : https://www.youtube.com/watch?v=K-BFgBJgHsY

Quels sont vos marchés à l’expédition et à l’exportation ?

SG Ball expédie actuellement vers le BENELUX et le Royaume-Uni. Il nous arrive ponctuellement de livrer des clients en Afrique. Dans notre développement, il est prévu de nous tourner vers le Canada, les États-Unis et le Brésil. Il nous a donc paru évident, quand s’est présenté l’occasion de participer aux Rencontres internationales de la douane, de rencontrer les attachés douaniers de ces pays.

Était-ce la première fois que vous sollicitiez les conseils de la douane ?

Nous avons rencontré les services de notre Direction régionale de référence il y a maintenant deux ans, afin de mieux comprendre les procédures liées aux échanges intracommunautaires et hors Union européenne, et mieux appréhender les normes applicables à notre produit.

Malgré cette entrevue, nous n’étions toujours pas à l’aise avec la matière douanière, les process à mettre en place. Nous connaissions les outils, sans pour autant les utiliser comme il le fallait.

Il était donc important pour nous de nous rendre aux Rencontres internationales de la douane. Nous y avons rencontré des conseillers des Cellules conseil aux entreprises et des attachés douaniers des pays que nous ciblons à l’expédition et à l’exportation. Cela nous a permis, d’une part, de faire le point sur les fondamentaux du dédouanement (formalités douanières à respecter à l’import comme à l’export, les notions d’espèce tarifaire et d’origine de nos marchandises, les normes applicables à nos produits) et d’autre part, de faire un point sur le Brexit, sujet important pour nous, puisque nous expédions une quantité importante de nos produits au Royaume-Uni.

Quel regard portez-vous sur la politique d’accompagnement de la douane pour faciliter l’activité des entreprises ?

Suite aux premières Rencontres internationales de la douane, j’ai une vision plus complète et positive de la politique d’accompagnement économique proposée par la douane.

Grâce à cette journée, je sais désormais vers qui me tourner en cas de besoin. Je me sens aussi plus serein pour la conquête de nouveaux marchés ou la mise en vente de nouveaux produits, car je sais que je serai bien accompagné.

La réunion du 17 mai a-t-elle répondu à vos attentes ?

Cette journée a littéralement changé ma vision de la douane française.

Je ne vois plus les procédures douanières comme un examen que je n’aurais pas eu le temps de préparer mais comme des formalités qui nous permettent d’être plus performants, de maîtriser notre offre (par exemple, en matière de respect des normes techniques) et d’importer/exporter dans les meilleures conditions possibles.

Par ailleurs, alors que j’avais tendance à voir la douane comme une administration répressive, j’ai découvert une douane qui accompagne les opérateurs économiques français.